Née à Clermont-Ferrand en juin 68, dans une famille atypique, ou le rôle des parents n'était pas clairement dessiné.  Je me suis retrouvée équipée d’une fratrie de deux frères et une sœur, richesse d’une famille.

 

De mes yeux, d’enfant s’émerveillant, j’ai vu de multiples choses émerger du néant dans l’atelier, la cour, le jardin… Et le mot « impossible » ne faisait pas partie du vocabulaire familial.

 

Mes loisirs enfantins préférés, étaient la lecture et le dessin, ils sont restés tous deux dans ma vie d’adulte.

 

Au collège puis au lycée, j’avais des cours de peinture, mais  je ne me sentais  à l’aise qu’en noir et blanc. Fusain, crayon papier et encre de chine furent mes compagnons jusqu’à mes 26 ans.

 

Entre temps le prêt d’un appareil photo argentique de qualité m’a mis le pied à cet art qu’est la photographie, je me suis offert un Canon Eos argentique et me suis ruinée en pellicule et développement.

 

Un cadeau de noël  « des crayons gras » offerts  par ma meilleure amie, me laissa perplexe, et furent relégués dans un tiroir durant plus d’un an. Ce fut le temps de ma reconversion professionnelle, les horaires de « commerciale » ne répondant pas à mes critères de jeune maman.

 

La rencontre avec un tailleur de pierre, qui avait remarqué mes dessins, m’a amenée jusqu’ à L’Ecole D’Architecture de Volvic. La taille de pierre, me semblait trop physique pour mes 48 kg, l’émaillage sur pierre… trop coloré, mais la gravure sur pierre… ce fut un coup de foudre.

 

 

 

La gravure sur pierre inclue obligatoirement : la calligraphie, le modelage, le moulage  et les dessins d’art et technique. Au bout de 18 mois de formation, j’ai obtenu mon CAP de graveur sur pierre, en ayant eu ma petite Tyfaine dans ce laps de temps.  Une collègue me montra comment utiliser mes pastels, et là la couleur pris enfin un aspect intéressant à mes yeux. J’utilisais différentes couleurs d’encre, pour la calligraphie, dessinais au pastel, et faisais des sculptures en terre crue.

Impossible n’étant pas dans mon vocabulaire, je décidais de travailler à mon compte.

J’avais déjà vécu à Toulouse durant ma 20éme année,  je suis revenue dans le sud-ouest, à Beauregard dans le Lot, comme Graveur sur pierre, puis à Concots, ou avec mes enfants nous auront passé leurs tendres années.

La couleur  pris toute sa teneur à cette époque, je me suis offert ma première toile (petit format) et mes premiers tubes d’acrylique. Ma première toile me pris une semaine, durant laquelle le temps ne comptait plus, et mes bambins dinèrent à des heures indues. J’ai été critiquée (dans le bon sens du terme) par un ami, fils de peintre reconnu, et quand j’ai enfin signé cette première peinture j’étais fière de moi, mais malheureuse d’avoir été une  « mauvaise maman », je me suis fait la promesse de ne plus peindre tant que mes enfants ne seraient pas  autonome. 

 Lorsqu’ils furent tous deux  scolarisés à plein temps, j’ai prospecté pour augmenter ma clientèle mais il fallait que j’aille trop loin. Ne sachant quoi faire, je suis repartie dans mon auvergne natale, et profité de ce changement pour me remettre en question professionnellement, puisque la gravure me fait beaucoup souffrir du dos.

Une nouvelle rencontre me permit de travailler pour une fonderie de bronze, au départ pour retoucher les cires, ensuite il nous a semblé plus cohérent que je sous-traite le moulage statuaire. Au bout d’une année pour asseoir ma charge de travail, je travaillais pour des fonderies parisiennes, de la côte d’azur, de Rhône-Alpes et du Limousin. Mais au bout de quatre ans, je me suis posé la bonne question : est-ce que j’étais en train de gagner ma vie, ou en train de la perdre ? La résine de polyester n’est assurément pas l’ami de la santé.

Les enfants ayant grandis, je repris un poste de commerciale dans le secteur dentaire.

C’est à cette période que je repris enfin les pinceaux, et me suis aperçue que j’étais plus à l’aise avec les grands formats. Mon goût pour la calligraphie m’a amené naturellement à la gestuelle en peinture, et mon travail de la matière fait que j’aime lorsqu’il y a de la texture, voir du relief approchant de la sculpture.

Je me suis offert un EOS numérique qui est très souvent « à portée de main », je ne me ruine plus, mais le dossier photo gonfle régulièrement dans l’ordinateur.  Portraits sur le vif, paysages et macros sont mes sujets de prédilection.

Deux ans plus tard je quittais mon poste, pris une année sabbatique et  partis un an à Vannes le Chatel, en Lorraine. Fief de la verrerie-cristallerie Daum, je naviguais quotidiennement avec  les verriers. J’ai eu le plaisir d’assister un ami souffleur durant ses créations, et de suivre plus particulièrement les verriers à froid. Mes connaissances m’ont permis d’aider différents apprentis verriers dans les ateliers du Centre Européen  de Recherches et  de Formations aux Arts Verriers, moulage, retouche de cire, modelage, calligraphie, gravure dans le verre au ciseau et à la massette… tout cela au grand dam, du directeur, qui au bout de 6 mois a fini par se demander quel était le nom de cette élève… Oups… J’ai dû endosser un badge de visiteur, pour continuer à aider dans les ateliers.

Au bout de cette année, ou j’ai adoré les lorrains et leur accueil, mais ou le climat ne me convenais guère, je revins dans le Lot pour m’installer à nouveau à Beauregard.

Je repris mes pinceaux et commençais  à vendre mes toiles, que j’offrais  jusque-là.

Je m’associais pour créer l’atelier d’art verrier Callipierreverre.  Le fusing étant méconnu, alors que c’est une technique qui a plus de 4.000 ans, et qui a été remise aux gouts du jour par les américains, il aura fallu un peu de temps pour faire connaitre l’atelier. Ceci étant fait, même s’il faut persévérer, j’ai enfin du temps pour me consacrer à mes activités personnelles.

Donc, 2016 est pour moi un nouveau départ, ou mes expositions personnelles seront à l’honneur, avec comme 3 grands axes : peinture, sculpture de verre et photographie.